J’ai décidé d’être artiste

Long chemin périlleux pour me rendre jusqu’ici. J’ai réalisé aujourd’hui que c’est ce que je voulais vraiment, ou plutôt, j’ai senti que c’était la bonne décision à prendre.

Le chemin s’est un peu tracé sans que je m’en aperçoive, à commencer par ma longue descente depuis janvier 2017 où tout a éclaté : rupture amoureuse, déménagement, nouvel emploi, perte d’emploi (dans les faits, j’ai plutôt crissé ma nouvelle job là), problème d’appartement, un autre déménagement, un autre nouvel emploi, etc.

À 27 ans, j’étais en pleine crise existentielle.

C’est drôle parce que, il y a 3 ans, je pensais que j’allais mener une petite vie tranquille en montant les échelons du monde de la publicité.

La vérité c’est que travailler en agence de publicité je trouvais ça plate.

J’ai jamais éprouvé de satisfaction à vendre des chars. Faire du 9 à 5 ça me faisait ch**r. Travailler 5 jours/semaine ça me fait encore plus ch**r. Rester assise dans un bureau, devant un ordi, pendant 8 heures d’affilée, ça me faisait incroyablement ch**r.

Bref, à part le salaire fixe et les assurances, y’avait pas réellement d’avantages pour moi. La seule chose qui me motivait à me lever le matin c’était de voir mes collègues pour jaser et faire des blagues.

Quand j’y pense, le seul moment où je vis vraiment c’est quand je vide mes tripes sur du papier, que je crée du beau, et que j’ai l’espoir d’inspirer les autres.

Avoir une vie presque normale est difficile : mes émotions et mon idéalisme me mettent des bâtons dans les roues. Mon extrême sensibilité m’empêche de bien rouler. C’est comme essayer d’avancer avec des roues carrées.

J’ai toujours été menée par mes sentiments et mes idées. J’utilise ma logique quand il le faut vraiment, quand rien d’autre ne fonctionne. Je choisis la logique à contrecœur, comme si c’était pas naturel. Je trouve ça plate, la logique.

La preuve : j’ai toujours haï les maths. À la place de faire mes exercices en classe, je dessinais dans mon cahier, et je comptais sur ma meilleure amie pour m’expliquer quand j’étais perdue.

En plus de ça, je ne suis pas une personne très organisée et je n’ai pas envie de le devenir non plus. Je peux pas commander l’inspiration : elle vient quand ça lui tente. À chaque fois que je fais quelque chose et que l’inspiration vient, je dois tout abandonner. C’est une révélation à chaque fois.

Je n’ai jamais osé me voir comme une artiste. Quand je pense à un artiste, j’imagine un peintre, un chanteur, un acteur, quelqu’un de connu. Quelqu’un qui vit de son art. C’est comme s’il y avait deux mondes à part : un pour les artistes et un pour les gens plus normaux.

La vérité, c’est que cette barrière n’a jamais existé ailleurs que dans mon esprit. Si George W. Bush peut devenir peintre après avoir été président, je peux bien devenir artiste si j’en ai envie non ?

Aujourd’hui, 12 décembre 2018, j’ai décidé de devenir une artiste.

Ça ne changera rien dans ma vie de tous les jours. Je conserve mes deux emplois à temps partiel, mais je décide d’investir dans mon art parce que c’est ça ma vie, et c’est beaucoup plus qu’un simple passe-temps.

Voilà.


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