Le secret de Johnny – Partie 6

Bisson rentrait chez lui en voiture après une journée chargée. L’interrogatoire avec Johnny l’avait plus chamboulé qu’il ne le laissait paraître. Il n’avait guère apprécié la façon dont ce dernier avait amené le sujet de sa femme, ni l’intensité dans son regard lorsqu’il avait dit « C’était l’amour de ma vie ». Pour qui se prenait-il ? Adélaïde était SA femme, et Bisson se fit la promesse de lui rappeler lorsqu’il la verrait ce soir.

Il voyait déjà se dessiner la silhouette de sa maison au loin, un splendide cottage deux étages d’allure contemporaine qui le rendait très fier. Il avait investi beaucoup d’argent dans l’aménagement de sa cour-arrière, laquelle rendait les voisins jaloux avec sa grande terrasse, son superbe jacuzzi et son impressionnant barbecue avec bar intégré.

Il gara sa voiture de police sur le pavé de la cour d’entrée et marcha jusqu’au porche, s’arrêtant à deux reprises pour jauger la hauteur du gazon.
— Chérie, je suis rentrée !
Une magnifique femme à la chevelure rousse alla à sa rencontre. Elle arborait une coupe garçonne qui lui allait à ravir et soulignait la rondeur de son visage.
— Tu arrives tard ce soir, lui répondit-elle.
— Oui, grosse journée au bureau.
— Est-ce que c’est en lien avec cette femme morte sous la grêle ?
— Oui. Justement, il faut avoir une discussion à ce sujet.
Bisson se dirigea vers la cuisine sous l’oeil inquisiteur de sa femme, puis, il s’installa à table où un splendide steak saignant accompagné de patates cuites au four l’attendait.
— J’ai vu Johnny aujourd’hui, commença-t-il en s’affairant à couper son steak.
— Ah bon ? En quel honneur ? demanda sa femme en s’assoyant face à lui.
— Il est suspect dans le meurtre de Judith Voyer.
— Suspect ? Comment ça ?
— C’est une histoire compliquée. On a retrouvée des informations compromettantes à son sujet.
— Quels types d’informations ?
— Des informations que je ne peux pas partager par secret professionnel.
Bisson engouffra une volée de pommes de terre avant de continuer.
— Adélaïde tu sais que je suis prêt à t’offrir tout ce que tu veux, n’est-ce pas ? Peu importe le prix. Tu es ma femme et tu peux tout me demander.
— Je sais, mais j’ai déjà tout ce dont j’ai besoin chéri…
— Je tenais seulement à te le rappeler.
Tout à coup, Bisson frappa son poing contre la table.
— Ce satané Johnny ! Dire qu’il pense encore avoir une chance avec toi.
Adélaïde se leva brusquement et entreprit de se verser un verre d’eau dans l’évier alors que Bisson fulminait.
— Le pauvre idiot pense qu’il est de taille pour me faire compétition. Tu te rends compte ? Trouillard comme il est ! J’espère qu’il ne se demande pas pourquoi il est vieux garçon.
— C’est un homme au grand coeur, murmura Adélaïde.
—  Au grand coeur ? Tu prends sa défense maintenant ? s’énerva Bisson.
— Il n’est pas celui que tu crois.
— C’EST UN FAIBLE ! s’écria Bisson.
— Il y a quelque chose que je ne t’ai jamais dit sur mon frère, dit Adélaïde en fixant la fenêtre.
— Ah bon. Quoi donc ?
— Johnny souffre d’un dédoublement de personnalité.

À suivre…


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