Le secret de Johnny – Partie 4

Le lieutenant Bisson était en train de se verser un café dans sa tasse préférée, laquelle affichait fièrement en grosses lettres noires : Stupid people keep me employed (Les gens stupides me gardent à l’emploi).

Il fut rapidement rejoint par le sergent-détective Tremblay qui sortait de l’ascenseur avec une assiette de sushis acheté au resto japonais d’en face.

– J’vous prendrais bien un café aussi lieutenant, lança Tremblay à Bisson.

Bisson le fusilla du regard pendant quelques secondes.

– Quoi ? j’ai presque pas dormi depuis la macabre découverte.
– Tu crois vraiment que j’ai le temps de te faire un café ?
– Bah ouais.

Bisson afficha un air découragé et entreprit de préparer un nouveau filtre.

– Prêt pour l’interrogatoire ? demanda Tremblay.
– Comme d’habitude.
– J’espère qu’il sera coopératif. Ce sera mieux pour lui.
– Je m’attends pas à trop de résistance, répliqua Bisson.
– Ah non ?
– C’est pas un dur, je dirais même qu’il est plutôt mou.
– Ouais, mais on sait jamais avec les fous.
– Il est pas fou, juste un peu dérangé dans sa tête.
– Assez dérangé pour tuer quelqu’un ?
– Ton café s’en vient, lança Bisson en désignant le silex qui se remplissait.

Il laissa son collègue seul avec la cafetière et se rendit dans son bureau, sans oublier de fermer la porte derrière lui. Il allait se diriger vers sa chaise, mais il changea d’avis et s’avança vers la fenêtre.

Le ciel était gris et lourd de nuages. Il fixa l’horizon pendant un moment, sirotant son café, l’air pensif.

Il jeta un coup d’oeil derrière lui. Le dossier était toujours là, déposé sur son bureau. On aurait dit qu’il attendait de se faire consulter une ultime fois.

Il l’ouvrit à nouveau, tournant et retournant les images qu’il contenait. Il regarda encore une fois le corps recroquevillé, les yeux ouverts et vitreux, la bouche tordue en un cri silencieux, les mains serrées en poings…

Le corps avait été retrouvé dans une ruelle il y a trois jours. Lorsqu’il était arrivé sur place, il était presque certain que la femme avait été assommée par la grêle. Il faut dire que c’était les plus gros grêlons qu’il avait vus en 40 ans de carrière. Dans le nord de la ville, on en avait mesuré de la grosseur d’une balle de tennis.

Pourtant, l’autopsie avait révélé que la pauvre femme était morte depuis une quinzaine d’heures. Les données recueillies étaient sans équivoques : elle avait été empoisonnée puis violée. Dans sa main gauche, on avait retrouvé des informations compromettantes.

On cogna à la porte.

– Le suspect est arrivé, l’informa Tremblay, nous l’avons installé en interro.

Bisson quitta sa chaise et rejoignit Tremblay dans le corridor.

– Il est pas mal nerveux lieutenant.
– Tu me surprends presque.
– Vous avez activé l’enregistrement ? demanda Bisson.
– On a suivi vos ordres.
– Good.

Bisson et Tremblay entrèrent dans la triste chambre à l’ultime miroir.

Tout au fond, assis de l’autre côté de la table à trois chaises, se tenait un homme aux traits creux et fatigués qui suait abondamment. Visiblement angoissé, il ne faisait aucun effort pour contrôler son pied gauche qui rebondissait frénétiquement sur le sol.

Bisson alla s’asseoir face à lui.

– Je t’écoute Johnny.

[À suivre…]


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